DÉCLARATION DE L'ARTISTE




Déclaration de l'artiste en français.

J’ai été poussé à devenir artiste peintre au cours d’une quête spirituelle, pour préciser non religieuse, et existentielle* qui a commencé quand j’étais encore très jeune et s’est cristallisée vers la fin des années 1990. J’ai toujours été fasciné par les rouages de l’univers, trouvant des similitudes frappantes entre l’immense étendue du cosmos, la liberté d’esprit et les décisions de mes instincts.

Aussi étrange que cela puisse paraitre, j’ai l’impression que mon être profond est dans un état constant de méditation créative, libre de voyager dans d’autres dimensions. D’un certain point de vue, mes tableaux sont des preuves, sorte de comptes rendus de mes voyages et réflexions métaphysiques. Je peins à partir de visions et d’émotions intenses. Impossible à décrire avec des mots, je les relâche sur la toile. Je me laisse conduire, semble-t-il, par une sagesse intérieure et une musique au sons lointains d'une paix oubliée depuis bien longtemps.

Mon œuvre est une extension en même temps qu’une clarification de mes émotions les plus fortes et de mes pensées les plus intimes. Je suis convaincu que ce que je représente en forme plastique en tant qu’artiste n’est qu’un faible reflet de ce que mon esprit est capable de créer. Je crois ainsi que nous jouons tous un rôle, dans la « grande conception » et la grande « mise en scène théâtrale » qu’est la vie. Je me vois un peu comme un mystique, et je vois l’art comme un acheminement vers un royaume créatif et vers un état de conscience plus éveillé pour le bénéfice de tous.

L’art en vérité me libère. Je suis profondément reconnaissant à tous les artistes qui ont exposé leurs pensées sur la vie et sur l’art. Ma mère, Arlette Oger, était une artiste authentique dans son art comme dans sa vie, et cela, sans le savoir ou du moins sans avoir besoin de l’afficher. Elle fut aussi professeur à la Chambre des Métiers. Elle partagea ses méthodes avec moi et restera toujours un exemple indéfectible en permanente évolution. Elle m’a grandement influencé ainsi que tous les membres excentriques, passionnés et généreux de ma famille.

Mon œuvre est pour la plus grande partie expressive : abstraite et expressionniste, avec une utilisation intense et libre de la couleur. J’utilise plusieurs médias pour produire des textures, des formes, des compositions et des coordinations de couleurs insolites et atypiques. Je crois aussi que la couleur a un effet d’apaisement presque primitif, à partir du moment qu’elle contient une certaine harmonie et qu’elle cherche toujours à l’atteindre.


Ce sont les rythmes, les dynamiques et les relations surprenantes qui m’intéressent. Je crée des séries basées spontanément sur des idées et des techniques que j’ai développées et raffinées inconsciemment au cours des années. Les idées semblent prendre forme naturellement comme faisant partie du processus. Les couleurs et les lignes engendrent des formes qui me font me diriger finalement vers une harmonie de composition qui est mon but. Je ne me penche pas vers une œuvre figurative et représentative parce que, selon moi, les apparences ne sont pas ce que les choses sont en essence. Le but dans l’art, c’est la création. Il faut nécessairement passer par l’imitation et l’interprétation, mais je pense que le but c’est la création pure.

Mon esprit possède des moyens de vision dont mes yeux ne peuvent ne peuvent ni comprendre ni imaginer. Je trouve une sérénité certaine quand je m’échappe du monde des formes conventionnelles, et je préfère m’exprimer librement et ouvertement. C’est par l’imagination créatrice et la réflexion spirituelle au travers de l’action de peindre que je m’approche le plus d’un état de « non-forme » sans limites. Travailler avec ce qui est non interprété, et cependant engendrer la clarté, la liberté et donc l’évolution.


Pour moi, peindre c’est le corps et la pensée en action. Étant donné que je vis dans un monde politiquement délicat et moralement sensible, basé sur une « mémoire collective » datant pour moi de l’Antiquité, je dois participer au procédé qui me fait assimiler complètement les atmosphères autour de moi pour que je puisse les transformer artistiquement et d’une façon cohérente. Mes tableaux sont comme des livres et des cartes. J’y « écris » beaucoup. En vérité, en peignant, je me sens beaucoup plus près de l’écriture que de la peinture. Je voyage comme un vaisseau guidé à travers de riches expériences internes retirées des bafouillages psychologique du monde « réel ».

Il m’a fallu plusieurs décennies pour trouver le vrai courage de commencer à m’exprimer complètement dans la peinture. Au départ, je peignais aux pastels à l’huile, et puis j’ai fait beaucoup d’essais dans l’art digital ; plus tard j’ai commencé à utiliser des huiles et d’autres médias et mélanges maison. La plus grande part de mon progrès est le résultat des heures passées à travailler avec mon ami, Francis Coelho, artiste accompli et professeur d’art bien connu aux USA, qui a amplement et très généreusement éclairci les chemins de mon développement artistique. Mon travail de comédien et de metteur en scène, ainsi que les atmosphères de ma petite enfance m’ont grandement influencée également. Comme élève insatiable du comportement humain, tous les individus que j’ai rencontrés et observés au cours de ma vie, m’ont fait part dans leurs postures et humeurs de leurs secrets intérieurs les plus cachés.

Thèmes importants pour l’artiste en moi : la liberté et l’ouverture d’esprit, le conditionnement humain et sa transcendance aux travers de l’art et de la connaissance de soi, les sources de la créativité, l’éveil des êtres. Autres thèmes : la vraie nature et essence de l’homme. La matière et le temps en tant qu’apparences illusoires. Le jeu subtil de l’être avec le cosmos. L’attachement de l’homme à l’éphémère, au passé et au blâme. La qualité de l’être en dehors des systèmes de pensée et surtout des croyances. L’être et le paraitre. L’inconnu. Le oui à la vie qui absorbe le non. La totalité de l’être et la paix Divine qui font un. La puissance totale de l’existence. La vie au-delà des formes. L’intelligence de l’univers. L’art abstrait libérateur. L’immortalité de l’être. L’appartenance de la pensée à l’être. La souffrance et ses pouvoirs guérisseurs et révolutionnaires. Le moment présent (le « now-moment » en énergie et en mouvement permanent.) La vie intérieure. Les origines de l’action. Les apparences dans leurs changements perpétuels : à quoi bon s’attacher ? L’abandon aux voyages dans l’inconscient (l’innocence) et les réflexions spirituelles en dehors de la religion.


* Je suis positivement aux antipodes de l’Existentialisme. Je me donne le droit d’avoir un avis. Comme Socrate qui « corrompait » les jeunes gens en cherchant à les émanciper de tout modèle, je combats les « élus intellectuels » avec force et courage. Dans la Grèce du Ve siècle avant J.C., « l’art de vivre est lié à la connaissance et la connaissance est un art de vivre », ne visant pas forcément à la sérénité de l’esprit, mais requérant un état de veille permanent. Je vis pour la connaissance de soi, seul havre d’espoir.

L’Existentialisme n’est pour moi qu’une dictature partiale et cérébrale, élaborée dans une ignorance singulière des choses, qui selon moi a fait énormément de mal à la France et surtout aux Français. Sans l’accuser personnellement, je pense que Sartre fut un des grands « dictateurs d’idées » hautement pessimistes, élaborées dans un monde et une réalité elle-même pessimiste. Cette réalité n’a existé que pour Sartre et quelques adhérents soumis. Il a su propager ses idées sans difficultés dans une atmosphère collective d’ignorance, dans l‘angoisse et la peur que nous connaissons malheureusement toujours trop bien.

Ce n’est nullement de sa faute (énorme contradiction existentialiste), mais pour moi, « l’homme délaissé » comme l’entend Sartre, est un homme simplement ignorant de sa nature profonde et de ses vrais pouvoirs autonomes. Pour être précis, ce n’est pas le « néant » qui fait peur mais l’inconnu d’où pourquoi l’homme se rassure en peignant de fausses vérités sur la grande toile de l’ignorance. Pour moi, c’est un peu le « Hollywood des idées » et vu comme un simple divertissement parmis tant d'autres, cela ne me gêne aucunement. S’il faut choisir, alors « l’essence précède l’existence » et de très loin. Les pouvoirs de décision du mental ne sont pour moi que des chimères. Ce qui me fait le plus rire chez presque tous les philosophes, c’est leur sérieux, grave et sévère, ainsi que l’imbuvable logique de leurs certitudes. Nous n’avons rien apporté de nouveau aux idées depuis les Grecs à la grande excéption de Nietzsche. Chacun doit penser pour soi et ne jamais oublier que tous les grands penseurs ne sont que des théoriciens.

Philippe Benichou

Topanga, Californie ©2000-2021


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